Notre adversaire du jour est le Grand Echiquier qui est le club officiel de la Fédération Française des Echecs (FFE) et se situe en périphérie de la ville nouvelle de Saint Quentin en Yvelines.
Le voyage est court (30 km) mais rendu épique par les conditions météo glaciaires et les erreurs d’orientation. Nous sommes chaleureusement accueillis au siège de la FFE par Jean-Claude Moingt qui en est le président en exercice.
La Fédération sait recevoir : locaux modernes, échiquiers luxueux en bois, pendules électroniques, retransmission des 4 parties sur écran géant dans une salle adjacente, café et "gourmandises". Nous sommes reçus comme des rois en cette période d’Epiphanie. Par -5° cela réchauffe le coeur !
En revanche côté compétition il n’y a pas de cadeaux : l’équipe adverse est nettement plus forte sur le papier. Elle est menée par le Grand Maître Joël Lautier (ancien champion du monde junior, il a dans le passé remporté plusieurs victoires contre Garri Kasparov 13e champion du monde qui a gardé son titre pendant 16 ans)
Les autres joueurs sont 2 forts 1ere série et un solide 2e série. Pour notre part nous alignons Bertrand qui est Maïtre Fide et trois 1eres séries Arnaud, Alain et Emmanuel. Alain remplace notre président, ce qui nous permet d’aligner 2 barbus.
Pour compliquer sa tâche Bertrand joue avec les pièces noires, ce qui est plus difficile. Le grand maître prend rapidement l’avantage et malheureusement Bertrand doit rendre les armes. Les 2 joueurs se livrent ensuite à la traditionnelle analyse post-mortem dans laquelle ils échangent les stratégies et variantes qu’ils ont envisagées silencieusement pendant la partie. Bertrand a été particulièrement impressionné par les longues séquences de coups proposées à la vitesse de l’éclair par Joël Lautier.
C’est le charme de la Coupe de pouvoir opposer des amateurs -même d’un bon niveau - avec des champions. Nous retrouvons ici notre traditionnelle comparaison avec le football.
Les 3 autres parties sont beaucoup plus équilibrées et vont se dénouer en Zeitnot. C’est le moment où les joueurs ne disposent plus que de 30 secondes pour jouer chaque coup, - car ils ont généralement consommé presque tout le temps de réflexion autorisé -.
Dans une position à double tranchant , Alain profite d’une imprécision adverse et gagne une tour avec son fou. Cela représente un avantage décisif : 1-1 !
Quelques minutes plus tard, Arnaud qui a lancé une attaque sur le roi adverse dans une position sauvage, parvient à mater le roi noir et porte le score à 2-1 en faveur de Juvisy.
La dernière partie est décisive car en cas de défaite Juvisy serait éliminé. En effet le point marqué entre les 2 plus forts joueurs compte double en cas d’égalité. Emmanuel dans une position délicate - pion central attaqué et fou des cases blanches peu actif - parvient à forcer une répétition de position en attaquant successivement la tour adverse avec son fou puis son cavalier. Aucun des joueurs ne peut éviter de rejouer ses pièces sur les mêmes cases sans risquer concéder une défaite certaine. En vertu du règlement la partie est donc nulle et Juvisy se qualifie sur le score de 2-1 après un peu plus de 4 heures de jeu.
Avant de repartir, nous partageons la galette des rois et les rafraichissements offerts par nos hôtes. Puis nous nous enfonçons dans la nuit noire et polaire vers de nouvelles aventures.


